Vendredi 29 décembre 2006
5
29
/12
/Déc
/2006
20:54
Ils avaient décidé de s'isoler un peu.
Elle devait renforcer sa santé encore précaire et lui voulait écrire ce qu'elle lui avait conté avant que le temps qui passe n'en altère les détails.
Elle avait profité de ce jour froid et humide pour dormir tout son saoûl et quand la nuit fut tombée, elle appela de nouveau à son chevet.
*Il n'y avait qu'une femme envers qui j'avais des élans de tendresse, c'était ma vieille grand-mère, parce qu'elle était douce, parce qu'elle était seule, parce qu'elle savait voir au delà des apparences...*
Il lui tenait tendrement la main.
*Ce soir, je la sens présente et du coup me revient en mémoire une histoire qu'elle me narrait, enfant, et que je n'ai jamais partagé auparavant. Il ne faut pas que cette histoire disparaisse avec moi alors je t'en fais le dépositaire*
Il était une fois 2 sœurs qui s'appelaient Marika et Katina, l'une était bonne comme du bon pain et très souriante, et la seconde égoïste et mal embouchée.Elles faisaient souvent la cuisine pour leurs pauvres parents très travailleurs et qui rentraient fort tard.Un soir venu, c'était le tour de Marika de faire la cuisine, elle touillait une bonne soupe chaude dans un énorme chaudron en chantonnant lorsque soudain, une petite souris apparut.*Marika, Marika, j'ai très faim. Alors aide-moi, s'il te plaît.*La bonne et douce Marika posa un bouchon en guise de siège, une boite d'allumette en guise de table puis elle dégota un autre bouchon dans lequel elle versa un peu de soupe, en soufflant pour ne pas que Souricette se brûle. Puis elle lui servit de l'eau fraîche dans un dé à coudre, un petit bout de fromage et une cerise juteuse en guise de dessert.Une fois repue, la souris repartit dans son trou, non sans remercier son hôte à qui elle promit une reconnaissance éternelle.Les jours passèrent et ce fut au tour de Katina de faire la soupe. Elle remuait brusquement la soupe en ronchonnant quand la souris apparut.*Katina, Katina, aide-moi s'il te plaît. J'ai faim, j'ai très faim, je défaille...*
Et Katina se mit à crier devant la souris, en la traitant de voleuse et pire encore, puis elle la toisa, lui disant: *Tu veux de la soupe? Tu veux de la soupe??*.
Elle lui asséna un violent coup de louche sur la tête en lui répétant: *C'est tout ce que tu auras!* Souricette repartit avec sur sa tête une bosse aussi grande qu'elle. Elle sermonna la méchante Katina en lui rappelant qu'un mal fait n'est jamais oublié et trottinant aussi vite qu'elle le pouvait, elle retourna dans son trou.Lorsque l'automne arriva, Marika partit aux champignons pour faire une belle omelette quand soudain, elle se perdit. Au milieu d'une clairière, elle trouva une cabane dans laquelle elle se reposa un moment. Soudain, un ours énorme entra et voyant la jeune fille lui dit:*Hummm que voilà un bon repas en perspective, miam, je vais me régaler!* Marika le supplia et l'ours, hilare, lui proposa une partie de colin maillard. Sil l'attrapait, il la mangerait et si elle lui échappait, alors elle aurait la vie sauve.Marika fut bien obligée d'accepter et elle noua son foulard sur les yeux du gros ours qui compta jusqu'à 10 avant de la chercher.Marika, blottie dans un coin pleurait, le plus silencieusement possible quand soudain, elle entendit une petite voix qui l'appelait:*Marika, Marika, c'est moi, Souricette. Tu te souviens de moi, tu m'as nourrie et tant réchauffé le cœur qu'encore aujourd'hui je me sens bien quelque soit le temps. Alors je vais t'aider. Cache-toi sous la table et je m'occupe du reste. Chut, ne fais aucun bruit!*Marika obéit et se cacha, cherchant à ne faire aucun bruit.Souricette grimpa sur le dos de l'ours et lui chatouilla l'oreille, le gros ours lança sa grosse patte velue contre son oreille, se mettant au passage une grosse claque et Souricette, prestement lui gratouilla le nombril. ET l'ours se mit un gros coup de poing dans le ventre. Après plusieurs minutes de jeu où Souricette allait et venait sur l'ours, le chatouillant, le gratouillant par ci, par là, l'ours se mit à tourner sur lui-même avant de tomber au milieu de la pièce, épuisée.Souricette fit un clin d'œil à Marika et se sauva à toutes pattes.L'ours, épuisé, arracha le foulard et à bout de souffle, appela la jeune fille.*Tu as gagné, tu m'as vaincu. Alors non seulement je te laisse la vie sauve, mais je te donne aussi la belle auto qui est dehors avec le coffre rempli d'or et de bijoux sur la banquette. Rentre vite petite, avant que je ne change d'avis.* Sans demander son reste, Marika balbutia un remerciement et se rua vers l'extérieur où une magnifique voiture coupée sport l'attendait avec un coffre énorme, débordant de richesse, l'attendait.Sans demander son reste, elle rentra à toute vitesse à la maison grâce à la carte routière qu'elle y avait trouvée.Lorsque Katina la vit, elle devint folle de jalousie et n'eut de cesse de la harceler que lorsque Marika lui eut narré son aventure et indiqué avec exactitude l'emplacement de la maisonnette.Dès le lendemain, elle qui haïssait la forêt, sortit des l'aube, son plus beau foulard de soie autour du cou et courut quasiment jusqu'à la clairière puis, elle s'installa confortablement dans la maison, virevoltant, fouillant partout.L'ours arriva bientôt et lui demanda ce qu'elle faisait là. D'un air fier, elle lui dit qu'elle s'était perdue et qu'elle prenait du repos avant de rechercher son chemin. L'ours grogna en apercevant ses tiroirs et matelas retournés, sa maison totalement retournée. Mais il lui proposa une partie de colin maillard avec la liberté ou la mort dévorée en guise de trophée. Elle exigea de lui les mêmes trésors que sa sœur et l'ours se mit à rire, à rire en nouant le foulard sur ses yeux.Pendant qu'il comptait, Katina appela: *Souris, Souris, viens m'aider comme tu as aidé Marika, tu me dois bien ça!*
Souricette sortit de son trou les mains sur les hanches et l'air bougon: *Je te dois bien ça??? Je te dois bien ça??? Mais tu es folle, ma parole? Tu ne te souviens pas de ce que tu m'as fait lorsque la faim me faisait défaillir? Tu 'mas asséné un tel coup de louche que j'en ai encore une bosse là, regarde! Alors je ne te dois rien, bien au contraire...*
En bougonnant encore, la souris retourna dans son trou et l'ours qui avait fini de compter s'approcha de la jeune fille qui apeurée, se mit à gémir, geindre et se plaindre tout en courant de droite et de gauche dans la petite maison. L'ours eut tôt fait de l'attraper et de la dévorer tout cru.Et chez elle, nul ne la pleura sauf Marika.*Quelle belle histoire* Murmura le jeune homme charmé. *Demain, tu me laisserai la raconter aux enfants?*
La vieille femme acquiesçat en craignant cependant que de l'entendre par une autre voix que celle de sa grand-mère ne lui soit difficile. Mais elle avait choisi de lui en faire don et elle savait qu'il ne la trahirait pas.
Le lendemain soir, lorsque tous vinrent prendre des nouvelles et profiter encore une fois de ce moment de détente, de paix et de sérénité, il leur raconta l'histoire, mimant, vivant et s'appropriant si bien ce conte que même la vieille conteuse applaudit à tut rompre.
*Il grandit vite le petit!* Soupira-t-elle, déjà attristée de savoir qu'un jour, bien trop proche, ils devraient se quitter.
Commentaires